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L'homme qui tenait à la main le document, dont ce bizarre assemblage de lettres formait le dernier alinéa, resta quelques instants pensif, après l'avoir attentivement relu.

Le document comptait une centaine de ces lignes, qui n'étaient pas même divisées par mots. Il semblait avoir été écrit depuis des années, et, sur la feuille d'épais papier que couvraient ces hiéroglyphes, le temps avait déjà mis sa patine jaunâtre.

Mais, suivant quelle loi ces lettres avaient-elles été réunies? Seul, cet homme eût pu le dire. En effet, il en est de ces langages chiffrés comme des serrures des coffres-forts modernes: ils se défendent de la même façon. Les combinaisons qu'ils présentent se comptent par milliards, et la vie d'un calculateur ne suffirait pas à les énoncer. Il faut le «mot» pour ouvrir le coffre de sûreté; il faut le «chiffre» pour lire un cryptogramme de ce genre. Aussi, on le verra, celui-ci devait résister aux tentatives les plus ingénieuses, et cela, dans des circonstances de la plus haute gravité.

L'homme qui venait de relire ce document n'était qu'un simple capitaine des bois.

Au Brésil, on désigne sous cette appellation «capitães do mato», les agents employés à la recherche des nègres marrons.

C'est une institution qui date de 1722. À cette époque, les idées anti-esclavagistes ne s'étaient fait jour que dans l'esprit de quelques philanthropes. Plus d'un siècle devait se passer encore avant que les peuples civilisés les eussent admises et appliquées. Il semble, cependant, que ce soit un droit, le premier des droits naturels pour l'homme, que celui d'être libre, de s'appartenir, et, pourtant, des milliers d'années s'étaient écoulées avant que la généreuse pensée vînt à quelques nations d'oser le proclamer.

En 1852,--année dans laquelle va se dérouler cette histoire,-- il y avait encore des esclaves au Brésil, et, conséquemment, des capitaines des bois pour leur donner la chasse. Certaines raisons d'économie politique avaient retardé l'heure de l'émancipation générale; mais, déjà, le noir avait le droit de se racheter, déjà les enfants qui naissaient de lui naissaient libres. Le jour n'était donc plus éloigné où ce magnifique pays, dans lequel tiendraient les trois quarts de l'Europe, ne compterait plus un seul esclave parmi ses dix millions d'habitants.

FAQ

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La Jangada sits around CEFR B2. Because every word has a one-tap translation, it also works a level below B2 for learners of French.

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